Pourquoi vous devriez arrêter de chercher des commerciaux en 100% variable
Vous cherchez à développer vos ventes sans engagement financier initial ?
La proposition semble séduisante : ne rémunérer un commercial externe qu’aux résultats obtenus.
Pourtant, cette approche comporte des failles structurelles importantes.
La réalité du terrain
Dans le monde des bisounours, la rémunération purement variable fait rêver.
Aucun risque pour l’entreprise, un potentiel “illimité” pour le commercial, et une promesse simple : si ça vend, tout le monde gagne.
Dans la réalité, c’est une autre histoire.
Beaucoup plus rugueuse, et surtout, beaucoup plus révélatrice des vrais problèmes des entreprises.
Dans la majorité des entreprises qui recherchent des sales en 100 % variable, on observe presque systématiquement deux phénomènes.
Deux réalités que personne n’aime vraiment regarder en face, mais qui expliquent pourquoi ces collaborations échouent si souvent.
Première réalité : Une offre encore non testée
Dans énormément de cas, l’offre n’est tout simplement pas prête. En tout cas, elle n’a pas suffisamment fait ses preuves.
Elle existe sur le papier, parfois même avec des clients, mais elle n’a pas encore été suffisamment confrontée au marché de manière structurée.
Le discours commercial nécessite encore des ajustements et la proposition de valeur n’est pas assez claire, pas assez différenciante, ou pas assez orientée problème.
Le positionnement tarifaire soulève aussi des frictions.
Soit parce qu’il est trop élevé par rapport à la perception de valeur, soit parce qu’il n’est pas assumé.
Le problème, c’est que ces enseignements n’apparaissent pas au bout de deux conversations.
Ils émergent après plusieurs appels, parfois plusieurs jours ou semaines d’investissement en prospection, qualification et cycles de vente.
Autrement dit, après un vrai travail commercial.
Deuxième réalité : Pas de besoins réels
Même avec une bonne offre, encore faut-il que le besoin soit reconnu.
Dans beaucoup de missions en variable pur, les prospects ne perçoivent ni l’urgence, ni la nécessité immédiate de la solution proposée.
Le problème existe, mais il n’est pas prioritaire.
Ou pire : il est perçu comme “intéressant”, mais pas suffisamment critique pour déclencher un passage à l’action.
Le persona visé n’est pas celui qui souffre réellement du problème, ou n’a pas le pouvoir, le budget ou la maturité pour acheter.
Là encore, c’est la prospection qui révèle cette vérité. Et rarement de manière confortable.
Savoir si votre offre est mature
| Indicateur de maturité | Stade : « Fondateur aux manettes » (Faites-le vous-même) | Stade : « Prêt pour l’Indépendant » (Déléguez) |
| Validation de l’offre | Moins de 5 à 10 ventes réalisées avec le produit/service actuel. | Un historique de ventes régulières et des témoignages clients solides. |
| Playbook | Le pitch change à chaque appel et les objections vous surprennent encore. | Existence d’un processus viable (scripts, FAQ, processus de vente documenté). |
| Cycle de vente | Durée de closing inconnue ou très aléatoire. | Délai moyen entre le premier contact et la signature clairement identifié. |
| Origine des leads | Principalement du réseau personnel ou du bouche-à-oreille passif. | Canaux d’acquisition identifiés (LinkedIn, cold email, ads, appels) |
| Rentabilité (CAC/LTV) | Vous ne savez pas combien coûte l’acquisition d’un client. | Le coût d’acquisition est maîtrisé et permet de payer un fixe + une commission. |
| Votre rôle | Vous cherchez quelqu’un pour « trouver la solution » à votre place. | Vous cherchez quelqu’un pour « accélérer une machine » qui tourne déjà. |
Le problème n’est pas le constat, mais le déséquilibre
Pris individuellement, ces constats sont normaux.
Toute offre passe par une phase d’ajustement. Tout marché demande des tests. Le vrai problème réside ailleurs : dans le déséquilibre fondamental créé par le modèle 100 % variable.
Concrètement, voici ce qui se passe: côté entrepreneur, la prospection menée par le commercial devient une mine d’or.
- Les échanges permettent d’obtenir gratuitement des insights précieux sur le marché
- Les objections récurrentes apparaissent clairement
- La compréhension des attentes clients s’affine
- Le discours commercial s’améliore, parfois radicalement
Bref, l’entreprise progresse. Elle apprend. Elle optimise.
Côté commercial indépendant, la réalité est très différente.
Il investit du temps, d’abord. Beaucoup de temps.
Prospection, qualification, rendez-vous, relances, suivi.
Il investit aussi son expertise, il analyse, il adapte le pitch, il teste des angles, il affine la stratégie commerciale en temps réel.
Et s’il ne gagne rien ? Tant pis pour lui.
Vous pensez que ce n’est pas votre problème ? C’est sûr, tant que vous trouvez quelqu’un pour bosser gratuitement, le contrat est clair dès le départ.
Mais un tel déséquilibre est très rarement viable sur le long terme: ce type de mission ne dure pas plus d’une journée et généralement, elle fait plus de dégâts qu’autre chose.
Mieux vaut vous former à la vente plutôt que d’embaucher des consultants bénévoles qui risquent de vous pénaliser d’une manière ou d’une autre.
Ne sous estimez pas l’impact d’un sales inefficace ou furieux d’avoir perdu son temps.
Ce déséquilibre explique pourquoi tant de collaborations s’arrêtent brutalement, souvent avec de la frustration des deux côtés.
Le problème n’est pas le variable en soi. Le problème, c’est de l’utiliser comme un substitut à une offre mature, un marché validé et une stratégie claire.
Prestataire ≠ Associé
Un commercial indépendant n’est pas un co-fondateur.
Il ne détient pas de parts, ne participe pas aux décisions stratégiques et n’a pas vocation à porter le risque entrepreneurial à votre place.
Son expertise et son temps constituent son capital professionnel. Lorsqu’ils sont mobilisés au service de votre développement, une rétribution est légitime, indépendamment de la maturité de votre offre.
L’alternative responsable
Votre offre n’est pas encore parfaitement calibrée ?
C’est une étape normale et saine du parcours entrepreneurial.
La meilleure démarche consiste alors à :
- Prospecter vous-même dans un premier temps : vous seul possédez la vision complète de votre produit et pouvez l’adapter en temps réel
- Collecter directement les retours terrain : chaque échange nourrit votre compréhension du marché
- Valider votre product-market fit avant d’externaliser : vous saurez alors précisément ce qui fonctionne
- Investir dans un commercial externe une fois la formule éprouvée : avec un modèle mixte (fixe + variable) adapté à votre maturité
Le modèle gagnant-gagnant authentique
Quand votre processus de vente est rodé et reproductible, collaborer avec un sales en freelance devient mutuellement bénéfique :
- Base fixe raisonnable couvrant le temps et l’expertise investis
- Variable motivant récompensant la performance et l’atteinte d’objectifs
- Clarté des attentes grâce à votre connaissance terrain préalable
Cette approche respecte le professionnalisme du commercial tout en protégeant vos intérêts: vous payez pour un savoir-faire éprouvé appliqué à un modèle validé.
